Cybercantal Télécentres
Le télétravail en questions
À peine 1 % des fonctionnaires sont concernés par le télétravail, cet avantage étant souvent considéré comme un “fait du prince”. Les freins sont aussi bien juridiques que culturels.
Publié le
8 mars 2010
Quel est l’état des lieux ?
Le télétravail n’est pas interdit dans la fonction publique. Pourtant, il reste très peu utilisé. L’administration est très en retard sur les entreprises privées françaises, elles-mêmes à la traîne par rapport à d’autres pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on compte au total 7 % de télétravailleurs en France, contre 13 % en Europe. Quant à la fonction publique, le Conseil d’analyse stratégique (CAS) avance, dans un rapport de fin novembre, le chiffre non actualisé de 1 % de fonctionnaires télétravailleurs.
Aux États-Unis, ce mode d’organisation concerne 7 % du personnel des agences fédérales, tandis que l’Espagne a lancé un plan d’action afin de passer à 10 % de fonctionnaires télétravailleurs. Certes, en France, quelques expérimentations existent, mais la question est le plus souvent réglée au cas par cas. Du coup, l’aspect “excessivement personnalisé” de cet avantage le transforme “en fait du prince” attribué par un chef de service “au profit de ses protégés”, note le CAS. Qui rappelle au passage que la fonction publique constitue le plus gros gisement potentiel de télétravailleurs, dans la mesure où la part de cadres – personnel le plus adapté à ce mode d’organisation – est deux fois supérieure à celle du privé (29,6 % des effectifs contre 14,6 %).
Quels bénéfices ? Quels risques ?
Tous les rapports sur le télétravail soulignent ses effets positifs : hausse de la productivité, diminution du temps de transport et donc de la pollution, flexibilité, responsabilisation des salariés, développement du management par objectifs, meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale, etc. "Évidemment, cela nécessite une forte capacité d’organisation", relève le député UMP de Lozère Pierre Morel A L’Huissier, auteur en 2006 d’un rapport sur le sujet. Les risques sont aussi pointés : stress, mise à l’écart, isolement...
Au total, le Centre d’analyse stratégique considère que les avantages du télétravail sont maximisés lorsqu’il est pratiqué un à deux jours par semaine. Certains syndicats craignent également des possibilités d’abus des employeurs, concernant par exemple l’absence de prise en charge des frais personnels ou le non-respect des horaires de travail. Reste que les télétravailleurs sont en moyenne plus satisfaits que les autres salariés.
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Par Jessica Gourdon
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